Archive pour la catégorie ‘6 deposer un article / let a new subject or article’

De neuf

Jeudi 16 octobre 2008

Naturel de se mêler au sillon commun quand le labour isolé suit les courbes hésitantes d’une dune.

Petite et grande mort réunies sous le ralenti des reins plan rapproché alarmes beauté.

Déjà consortium importun défie ses alliés.

Aucune trace ne subsistera du non appartenant.

Les soucis le néant s’agencent à tue-tête dans la pluie et les cendres.

Oublie oublie l’évidence la buée de tes mots rejoint la brume hivernale.

Je t’aime car tu n’as jamais désappris l’étonnement.

S/

Il est huit heures (mother fucker)

Mardi 30 septembre 2008

Fuite d’optiques

Géomètres en conflit

Odeur de poudre farine des ailes d’un tiède obscur

Il est huit heures à la proue

Il est sans taches l’homme seul penché au clou

Silhouettes de cire

Aux abris en fonte

Aux arbres d’un conte

Aux habits dont

On s’extraie

Au grill l’accélérateur le savoir ses feuilles tes avoirs tes crocus

L’oeuvre au noir l’abribus

Bible impasse

Galbe en chasse

Théorie de mes années

Il est huit heures

Mother Fucker

Six

Mercredi 23 juillet 2008

Et la fable et le sourire /

M’endormirais-je sans toi /

A ton âge de tendre détresse où s’allonger selon le vent /

A ta gloire qui s’ébrouera encore longtemps /

Tendresse tendresse tant de cendres restent /

Qui n’iront plus loger que sous les dorures /

Et ternir les cieux d’autres instants /

Qu’ai-je à scier des poncifs à ciller aux sons et au pif /

Qu’as-tu à croire la crue qui jambe en l’air déplore son froissement soudain /

Qu’a-t-il enfin lui sans pareil à raccourcir des appareils à sécher au fond des ravins /

S /

Trou à sur-sangs

Mercredi 2 juillet 2008

Trou à sur-sangs nid à sangsues, tu coagules mal en fait, que t’arrives-t-il ?

3/100 ni à sens unique, tu sursautes tu blêmis, ton aura vire au rouge, mais ton or ravit des peuples entiers entassés sur la lame d’un rugissant /

Les cuisses en trapèze dans le lit tiède d’une raison bancale /

L’oraison se brouille d’interdits baby / Outch /

S /

Prophétie du jour

Vendredi 23 mai 2008

Malraux a dit : « le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas »

Mon 21ème siècle n’est pas.

Pourquoi Malraux l’a-t-il dit ? Parce qu’il le savait, le sentait, et qu’il a voulu nous mettre en garde. Ainsi que nombre d’écrivains d’anticipation qui avaient prévu les dérives de notre siècle naissant, le totalitarisme, les problèmes écologiques.

Il ne s’agit pas là de se faire le chantre de quelque théorie alarmiste, de prêcher la fin du monde. Il s’agit d’écouter ce que la vie et certains d’entre nous nous enseignent. Il faut écouter, voir et sentir.

Parler d’amour à notre époque est devenu honteux. Ca fleure le catho/pathos et le mauvais goût. Mieux vaut parler sexe et garder la tête froide. Ne rien ressentir, dominer ses émotions, son corps, le corps de l’autre, le corps des autres. Dominer le monde.

On a confondu puissance et domination. La puissance, c’est ce qui nous rend plus forts car meilleurs, pas plus forts car plus riches ou plus musclés. Ca, c’est du bla-bla, c’est ce qu’on nous vend sur toutes les chaines de télévision et dans tous les journaux. C’est superficiel et surtout c’est dangereux. Parce que c’est le Modèle Imposé.

Il est humain de chercher à dominer l’autre. C’est malheureux mais c’est comme ça. On domine pour s’enrichir, pour se protéger. C’est un besoin vital. Mais si on trouve un autre moyen de s’enrichir, via l’esprit, si on n’éprouve plus la nécessité de se protéger parce qu’on est devenu plus fort, alors on n’a plus besoin de dominer, on peut vivre en harmonie, avec soi d’abord, puis avec le reste du monde, et avec l’univers. Là est La Puissance.

L’être que je peins et dessine depuis tant d’années, c’est cet individu de chair et de sang, cet être uniquement organique. C’est ce monstre que je ne veux plus être, et dont la promiscuité me fait horreur car je n’ai pas encore réussi à exprimer, à vivre, ce que je suis en train d’écrire.

Je dis : nous sommes des monstres car nous sommes des pauvres en esprit.

Je dis : mes dessins vous font peur mais moi j’ai peur de vous et c’est pour ça que je vous représente ainsi.

Je dis : ce n’est pas parce que Dieu est mort qu’il faut s’avouer vainqueur. On a déraciné une idole, on s’est libéré de la pensée unique. C’est très bien. On a comblé le vide spirituel, le vide dans nos vies et dans nos peurs par toujours plus de confort. C’est très bien. Mais maintenant ? Maintenant que c’est ce confort et la quête éperdue du plaisir qui nous tuent, qu’est-ce qu’on fait ?

Je dis : il y a urgence.

Je dis : regardez-vous en face.

Je dis : réveillez-vous.

Tamanoir, le prophète inutile