MANIFESTE POUR MA PAIX
MA VIE : MON COMBAT
C’est en mon nom, et en mon seul nom, que j’écris ces mots. Ma liberté et mon indépendance sont les seules causes qui me paraissent aujourd’hui défendables et pour lesquelles je peux me battre. Ma vie étant mon bien le plus précieux, puisque plus rien n’a d’importance pour un mort, je compte bien la mener comme je l’entends. Et si je n’ai pas été responsable, car pas consulté à ce sujet, de ma venue au monde, je ne laisserai personne interférer sur mon passage ici-bas. Alors, égoïste ? Oui, assurément. JE est mon unique principe et mon seul héraut. Ainsi, il est hors de question qu’au nom de quelque autre cause que ce soit, je m’échine à imposer, à dicter ou ne serait-ce qu’à suggérer à autrui tel ou tel mode de penser ou d’agir. Pourquoi ? Parce que, contrairement à cette nouvelle race de philosophes populaires, pseudo-libertaires de salon en quête de reconnaissance et d’histoire, face à ces nouveaux bergers que voit fleurir notre ère qu’on appellera bientôt de l’Ovidé - comme il y eu celle du crustacé -, je ne prétends pas avoir découvert La Vérité, La Solution à tous nos problèmes, existentiels ou autres. Non. Mais j’ai appris, et j’apprends encore, à me connaître. Partant, je sais mes problèmes, je connais le secret de mes pourquoi, et je sais comment préparer mes remèdes. Par contre, que nul autre n’essaie de se substituer à mes jugements car alors là, tous les moyens sont permis pour venir à bout de ce que je considèrerai comme une invasion de mon territoire. Ma vie, mes pensées, mon intégrité et mon indépendance : il ne m’est rien de plus cher. Ce que j’en fais ne regarde que moi et personne d’autre. Et il en va de même pour chacun d’entre vous. Rien ni personne ne vous force à marcher au pas, à suivre telle ou telle direction. Est esclave celui qui le veut bien. Pour ce qui me concerne, je n’ai que faire de cette sous-humanité, de cette race qui se cherche un maître, et qui non contente d’un sort misérable mais choisi, lui demande sans cesse de lui désigner ceux qu’il lui faut mordre. Mentalité d’esclaves, méchanceté de valets : toujours jaloux de la beauté et de l’intelligence qu’ils considèrent comme une agression directe, ce sont eux qui, armés d’un bidon de vitriol ou d’un code civil, vêtus de hardes ou bien d’uniformes rutilants, s’acharnent leur vie durant à gommer de la surface de la Terre ce qu’ils appellent entre eux « la mauvaise herbe et la racaille ». Point n’est possible de les affronter tous. Ils sont trop nombreux et la tâche relève du mythe de Sisyphe. Pourtant, c’est bien eux l’ennemi. Je les connais. A moi de m’armer, de défendre ma vie contre leurs agressions. Ils ne sont pas la Peste. Ce ne sont que des hommes, et qui plus est, interchangeables, lisses qu’ils sont de toute particularité ! Tout ce que je, non pas désire, mais exige, moi, c’est vivre à ma guise, en paix. Je pratique alors la politique du « chacun chez soi dans sa tête ». Mais attention aux dérives nationalistes puantes ! Pour ce qui est de l’extérieur, de la vie telle qu’elle est derrière la porte, si chacun agit de même, c’est-à-dire égoïstement, peut-être que les choses n’iront pas plus mal. Car, les ennuis, d’où viennent-ils, sinon des autres, de ceux qui prétendant tout savoir, tout imbus du pouvoir que leur confère la loi du nombre (qu’est-ce au juste que la démocratie, sinon une version adoucie de la loi du plus fort ? Qu’est-ce que la majorité ? Et qu’est-ce que la majorité bien-pensante et tous les écueils et poncifs qu’elle trimballe sous ses jupes aux couleurs d’un pays, d’un régime ?), s’empressent de vous imposer coûte que coûte leur point de vue et leur mode de vie, à vous, misérable sauvage que vous êtes, vous l’étranger, le marginal, l’enfant ? Ce sont ces autres-là, ces missionnaires imposables, en jean avec situation financière et familiale respectable qui, par leurs jugements à l’emporte-pièce, piègent et mettent à mal toute tentative individuelle de sortir la tête hors de l’eau. Si chacun, pour une fois, voulait bien ne s’occuper que de soi, et de personne d’autre, assurément les choses iraient bien mieux en notre bas monde. Il ne serait vite plus si bas d’ailleurs. « Quid de la Solidarité, de la Compassion ?», s’écrièrent alors, avec des majuscules, tous ces cagots, tous ces gauchos et tous ces prolos ! Demandez-vous donc pourquoi vous agissez ainsi et on en reparlera. Qu’est-ce qui motive vraiment celui qui donne au pauvre, sinon une place au paradis, quand bien même celui-ci se situerait à la surface de ce pauvre petit cœur débile ? Donner, c’est avant tout SE faire plaisir, non ? Tout est dit. Quelques cents dans un gobelet ne changeront rien. Ceux qui sont à genoux le resteront, pour le bien de la communauté. Ne nous leurrons pas : derrière toute bonne action se cache une volonté toute autre d’auto-gratification, d’une part, de maintien de l’ordre établi d’autre part. Voilà pour les sentiments chrétiens, voilà pour la honte. Aider, a priori, ce n’est surtout pas maintenir le statu quo dans la déchéance. Mais l’homme est un preux chevalier. Retirez lui son écran HD plasma et le voilà perdu.
Je ne dis donc pas que la vie est un combat. Je dis MA vie est MON combat. Saisissez-vous la nuance ? Essayez, dites le vous aussi. Vous verrez que les choses peuvent aller mieux, vous verrez qu’il est en votre pouvoir d’améliorer votre vie, quelle qu’elle soit.
NOUS n’existe pas. NOUS ne signifie rien. Il n’y a pas de groupe, pas de communauté. Nous ne vivons pas ensemble, mais les uns à coté des autres, faute de place. Libre à chacun de fréquenter, manger et pourquoi pas, prier, qui ou ce qu’il veut. Il suffit d’une dose minimum de bon sens, de civilité, de politesse pour éviter de violer l’intimité et la paix, non pas de son prochain - j’abhorre toute cette terminologie judéo-christo-polio – mais de son voisin. Etre libre - je dis ça pour les plus cons, mais il en va de même pour tout ce qu’on a pu écrire sur la question. D’un coté, ceux qui savent déjà, et au mieux, qui se sentent moins seuls, de l’autre les obtus, avec heureusement tout de même un faible pourcentage de pas encore déformés, formatés, avilis -, être libre donc, ça n’est pas s’autoriser à traverser un village à 80 kms/h, au risque de renverser un piéton. Etre libre, ce n’est pas écouter de la musique très fort, toutes fenêtres ouvertes quand on habite en ville ( sous le prétexte misérable du « J’fais c’que j’veux p’tain, j’suis libre » Capito ?). Etre libre, ça n’est pas balancer ses ordures par la fenêtre, ni tirer les pigeons à la 22. Je pourrais vous parler de ces jeunes cons aussi qui saccageaient des voitures en se réclamant de l’anarchisme … mais je préfère m’en tenir là. Tous ces comportements n’ont rien à voir avec la liberté, et méritent d’être punis. Vivant les uns à coté des autres, quand ce n’est pas les uns sur les autres, s’il y a bien une chose qu’il faut interdire (tant pis pour le paradoxe, j’assume), c’est bien la connerie. Par là, s’il est encore besoin de préciser, j’entends tout comportement susceptible de gêner l’autre physiquement. Et j’insiste sur le « physiquement », car tout ce qui ne relève pas des 5 sens est de l’ordre de la morale. Et s’occuper de la morale de l’autre, juger l’autre, ça s’appelle de l’ingérence et c’est donc condamnable sans autre forme de procès, car dangereux pour la préservation d’une individualité. Enfin, comprenez-vous ce que je dis ? Je parle de respect. De respect TOTAL et ABSOLU et RECIPROQUE. Je répète : personne n’a le droit d’interférer sur la vie de l’autre sans le consentement de ce dernier. Absolument personne. JE SUIS L’UNIQUE PROPRIETAIRE DE MA VIE.
Peut-être, je dis bien peut-être, que chacun aujourd’hui devrait s’asseoir et prendre le temps de s’interroger sur ce qu’il est et ce qu’il veut (et non pas voudrait), et s’y tenir. Peut-être cela aiderait-il les gens à « grandir », à vivre mieux. Nous n’avons absolument pas besoin de tout ce qui fait notre quotidien pour vivre. Nous n’avons absolument pas besoin de tous ces gadgets qui ont fait de nous des esclaves. La technologie, le progrès, qui étaient censés libérer la main et le temps de l’homme l’ont un peu plus abruti et enfermé dans un mode de fonctionnement rangé tout entier sous le signe de la consommation. Mais de nouveau je m’égare, car évidemment vous êtes libres. Libres de travailler comme des forcenés, à grand renfort de Guronsan puis la nuit tombée de Lexomil (le samedi c’est coca), pour gagner plus et acheter plus. Au moins, tout ça mis bout à bout vous évite de penser. Oui, vous êtes libres d’obéir aux impératifs économiques de quelques trusts qui n’ont d’autre pensée que celle de vous faire croire que vous avez besoin de ce qu’ils mettent en vente sur le marché pour vivre. Quelle importance cela fait-il quand bien même c’est vous qui, par le fait, êtes chaque jour mis en vente, quand c’est votre force physique ou intellectuelle, votre santé, votre temps, votre vie (travailler jusqu’à 70 ans, c’est quoi d’autre ?) qui se retrouvent sur le marché ? Pas pour rien qu’on appelle ça le marché du travail, comme le marché de l’art, comme le marché aux esclaves. Rungis, c’est partout maintenant, et c’est à l’échelle planétaire, chaque homme n’étant plus un loup pour l’homme, mais bien plutôt un produit. C’en est fini de la barbarie. L’évolution a amené en remplacement son lot d’esclaves. L’esclavagisme est une des bases du capitalisme.
Savez-vous qu’en 1880 déjà, à l’heure de la révolution industrielle, il était d’usage, déjà, « d’adultérer [tous nos produits] pour en faciliter l’écoulement et en abréger l’existence » (Lafargue, Le Droit à La Paresse)? Evidement, sinon, que faire de tout ce qui sort des chaînes de montage, sans compter tout ce qui dort déjà dans la nuit des entrepôts. Nous en sommes arrivés à un tel degré de technologie que tout existe pour faire des produits indestructibles, ou pour le moins avec un degré d’usure à l’usage quasiment nul. Seulement, si une machine à laver dure toute une vie, qu’il en va de même pour l’ordinateur et pour la voiture, quel intérêt alors à aller travailler pour gagner plus que ce qui serait nécessaire seulement à la nourriture, au logis et aux loisirs ? La vêture, effectivement et ce n’est pas d’aujourd’hui, ne s’use pas si vite par hasard. L’argent ne nous sert plus, à partir d’un certain moment - souvent ce n’est qu’une question d’âge, celui-ci étant communément lié à la situation – qu’à renouveler nos possessions. Et si ce n’est pas le luxe ou le besoin de conformisme – certains appellent ça la mode – qui nous y poussent, soyez sans crainte, le coup de la panne est prévu depuis la création du produit. Rien n’est laissé au hasard, de la conception à la distribution en passant par la construction. On vous aura subtilement, toujours, imposé ce que vous croyez désirer, et on vous fera signe dès qu’il sera utile, pour un industriel ou pour un autre, que vous élisiez au sommet de votre vie un nouvel objet, pas forcément plus performant, mais plus utile pour un annonceur ou un autre. J’exagère à peine. On a vu des adultes se promener en ville avec un morceau de plastique enfilé dans l’oreille sous prétexte qu’ils étaient devenus de telles personnalités qu’on devait pouvoir les joindre 24h/24. « L’informatique : un marché très porteur ». Qu’est-ce qui se cache derrière ces mots, au juste ? Juste de nouveaux objets dont on n’attend même plus qu’ils soient valides, viables, pour les mettre en vente. Les gogos qui se précipitent pour les acheter fourniront les fonds pour construire, dès demain, une nouvelle … ébauche. Le progrès, cette fabuleuse manne providentielle, a essentiellement consisté à rendre impossible toute réparation d’un objet par de son possesseur. Le progrès nous a rendu nos objets hermétiques à tout bricolage. Raison invoquée : les normes sécuritaires. C’est pour notre bien et pour notre sécurité à tous qu’il n’est plus possible de réparer soi-même sa voiture, quand bien même il ne suffirait que de changer les bougies, maintenant devenues inaccessibles pour qui ne possède pas cette clé spéciale introuvable à la vente. La vraie raison, on l’aura devinée, n’est que financière. Personnellement, je me demande pourquoi mon appareil photo n’aura quant à lui duré que 2 ans, tandis qu’un vieux coucou du début du siècle, je parle du XXème, fonctionne encore très bien. Quant aux dinosaures métal et cuir des années 70, on ne leur trouve plus de pellicules. Bref, ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Il en va de même pour tout nos consommables (c’est le nouveau nom de votre aspirateur), y compris la bouffe, qu’on aura tellement transformée, édulcorée et recréée au mépris de la santé du consommateur, que la nourriture « naturelle » (bio ?) est un produit de luxe. Moi, quand j’étais gosse, c’est plutôt ceux qui mangeaient les produits du jardin qui étaient considérés comme des pauvres.
Et tout le monde d’acquiescer. Nous sommes ravis car tout va bien, car tout va vite.
Obsolètisme. C’est le mot d’ordre. Consommez vite avant d’être vous-mêmes jetés au rencard, s’il n’est pas déjà trop tard. Pardonnez-moi, ou pas, d’être alors has-been. Oui, je m’insurge contre un tel état de fait. Non, je ne suis pas d’accord, et non, je ne vous suivrai pas, JAMAIS.
P.Jann!n
2/12/08
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